Test d’écoute des Canor Virtus I4S & Verto D4S
Un duo Canor accessible et performant…
Nous vous présentons un nouveau duo du slovaque Canor, que nous avons depuis peu au magasin : le DAC Verto D4S accompagné de l’ampli intégré Virtus I4S. Chez Canor, il y a quatre gammes de produits : Foundation, Performance, Premium, et Reference. Ce duo fait partie de l’entrée de gamme, la Foundation Line. L’ambition de cette gamme est simple : proposer des électroniques fiables, performantes, et compactes, tout en bénéficiant de certaines avancées des gammes supérieures. Par exemple nous vous avions présenté cet automne le Virtus A3, intégré polyvalent de la gamme Performance ; et le DAC Verto D4S que nous vous présentons aujourd’hui hérite précisément du même double DAC mono que le Virtus A3 (que nous avions jugé très sérieux).

Quelques infos sur le combo :
D’abord sur le plan esthétique, on reconnait bien la ligne épurée des produits Canor. Comme le Virtus A3, le Verto D4S et le Virtus I4S sont tous deux dotés d’écrans tactiles très pratiques pour se balader dans les menus et changer les spécifications des appareils. L’intégré est équipé d’un ampli casque et aussi d’une entrée phono MM/MC, avec un large choix de capacités et de sensibilités de la cellule dans le menu de la machine. Sa face arrière contient relativement peu d’entrées et sorties, mais l’essentiel est là : trois entrées RCA (dont l’entrée Phono), une entrée XLR, une sortie « variable out » si l’on veut se servir uniquement du pré-ampli, et le bornier de sortie vers les HP. Le DAC, lui, propose toutes les entrées numériques possibles : une entrée USB C, une entrée AES-EBU, une entrée SPDIF, deux entrées optiques, et même une entrée HDMI pour récupérer le son d’une TV. Et il possède aussi bien une sortie symétrique (XLR) qu’une sortie asymétrique (RCA).

Le test d’écoute :
Nous utiliserons comme source le Marantz SACD 30n en mode transport. Ce dernier est un lecteur réseau & SACD relativement accessible, qui nous semble bien correspondre à la gamme du duo Canor. Puis nous convertirons le signal avec le Verto D4S, qui alimentera l’intégré Virtus I4S. Et comme charge, nous avons choisi la Franco Serblin Accordo V2, une bibliothèque haut de gamme capable d’un grand raffinement et d’un son très riche, si elle est pilotée par les bonnes électroniques. Nous serons très attentifs sur ce point.

Les albums :
–Visée : Prélude in A Minor, Rolf Lislevand, sur l’album La Mascarade :

Le théorbe en solo permet d’identifier facilement les signatures sonores des différents éléments d’un système. Ici, la première chose qu’on constate est une belle restitution des timbres de l’instrument. Les cordes à vide du théorbe (basses) montrent une belle ampleur, et sont chargées d’harmoniques, comme il se doit. L’image sonore est très convaincante, précise, et un brin penchée à gauche, comme le souhaitait l’interprète. Le double DAC mono du D4S semble bien séparer les deux canaux. Le prélude est très court, et on se surprend à écouter rapidement quelques pistes supplémentaires du disque qui s’enchainent sur le moteur Roon. On assiste en tous cas à une belle finesse retranscrite par la Franco Serblin Accordo V2, ce qui montre que les électroniques en amont sont précises et bien adaptées à l’enceinte. L’ampli intégré nous semble déjà parfaitement correspondre à l’enceinte choisie.
–Spider Monkey Cafe, Kevin Eubanks, sur l’album Zen Food :

Dès l’introduction aux balais sur la batterie, on a la sensation d’une très bonne réponse en transitoires. Encore une fois l’image sonore est très bien définie, et elle se précise encore dès l’entrée de la guitare électrique et de la basse. On obtient un bon swing sur l’ensemble et un bel équilibre des registres. Les extinctions de notes sont délicates, la légère réverbération artificielle aidant. On apprécie la définition de l’aigu, sur le jeu des cymbales notamment. A 2 min 20 commence le solo de guitare électrique, avec une belle dynamique et définitions des micro-détails. La marge de puissance de l’amplificateur intégré se montre suffisante, mais il n’est pas rare qu’on atteigne les 3/4 du range de niveau d’écoute disponible (ce qui est plus que sur la plupart des machines). Cela montre une puissance délivrée de façon relativement linéaire par l’étage de pré-amplification. Cela montre aussi que cet amplificateur est capable de beaucoup de finesse sur des enceintes pas trop exigeantes, mais serait très certainement limité sur des charges à plus bas rendement, ou sur des enceintes bien plus volumineuses.
–Fragile (FIP Session Live in Paris at the Pantheon), Sting, sur l’album The Bridge (Super Deluxe) :

Nous connaissons bien cet enregistrement live de Sting au Panthéon, qui nous sert souvent de référence pour évaluer la finesse des électroniques. Il y a deux points dans ce titre qui attire notre attention : D’abord le son de la guitare dès les premières notes. Celui-ci doit sonner proche, plein, et très défini, à l’instar de l’enregistrement. C’est le cas ici. Sur des amplis moins précis, on entend souvent un léger voile de timbre dès l’introduction. Deuxièmement – et là c’est surtout le DAC D4S qui est mis à l’épreuve – on est attentif aux coups de baguettes sur le cercle d’un fut de la batterie, dès 00 min 25. Si l’on écoute bien l’enregistrement à la source avec un système très haut de gamme et très proche du réel (par exemple au casque Stax X-9000 alimenté par l’ampli casque Stax SRM T8000), on se rend compte que ces coups de baguette ne sont jamais les mêmes (en attaques, en timbres et en amplitude), et qu’il en existe une grande variété tout le long du morceau. Et force est de constater que le système étudié aujourd’hui est capable de bien définir ces micro-variations. Or il n’est pas rare que sur des systèmes d’entrée de gamme, ces coups de baguette soient lissés, et un peu simplifiés. C’est encore un bon point pour notre duo.
–Rameau : Le Rappel des oiseaux, Vikingur Olafsson, sur l’album Debussy – Rameau :

Le piano solo est l’épreuve du feu. Aussi bien pour les DAC (le timbre du piano ne pardonne pas Les DAC trop digitalisants), que pour évaluer la marge des amplis en courant (on sent bien les réserves de courant lorsqu’on écoute les pianos à niveau moyen). Ici le DAC D4S rend un bel hommage à cet enregistrement (de grande qualité !) de Vikingur Olafsson. Quant à l’amplificateur intégré I4S, il montre une très bonne dynamique globale (variations de nuances), et une belle vitesse des transitoires (les trilles sont très précis et bien tendus), mais une marge de courant encore une fois bien suffisante pour cette Accordo V2, mais qui serait limitante sur des charges plus gourmandes.
Enfin on profite de ce piano seul pour parcourir les nombreux filtres digitaux que contient le DAC D4S, au moyen de la télécommande commune aux deux machines. Nous suggérons à nos clients (et c’est valable sur tous les DAC) de choisir le filtre à l’oreille, sans a priori et sans trop se focaliser sur le nom du filtre. Ces variations de filtrages des très hautes fréquences sont très subtiles (on ne les entend pas forcément, cela dépend des DAC et des musiques écoutées). Dans le cas du Verto D4S et sur ce piano, c’est le filtre « Linear Apodizing » qui nous semble le plus adapté, offrant plus « d’air » (plage étendue du sur-aigu) et un côté plus naturel et plus immersif.
Conclusion :
On reconnait bien l’exigence de Canor dans ce duo Virtus I4S & Verto D4S. Le défi de proposer une entrée de gamme fiable, fine, résolutive et performante est complètement réussi. Ce combo Canor démontre que l’on peut prendre du plaisir d’écoute (et atteindre l’émotion !), même avec des électroniques qui constituent l’entrée de gamme du constructeur ! La finition et l’ergonomie des machines est tout à fait au niveau de ce à quoi le fabriquant nous a habitué, et bien que nos exemplaires soient encore en rodage, on en identifie rapidement tous les points forts. Pour son prix, le DAC Verto D4S montre une signature sonore tout à fait convaincante, et un niveau de bruit très bas. Quant à l’amplificateur intégré Virtus I4S, ce n’est pas un hasard s’il hérite du nom « Virtus » comme son grand frère le Virtus A3 : en effet il offre une signature très fine, bien aboutie, et qui cisèle légèrement le médium-aigu ce qui en fait une machine très précise, et relativement analytique (sans pour autant proposer un son aussi organique et chaud que le Virtus A3, car le Virtus I4S ne contient que des transistors, tandis que son grand frère le Virtus A3 est une machine hybride). N’hésitez pas à venir comparer ces machines au magasin si vous cherchez du matériel relativement accessible avec un excellent rapport musicalité/prix !
Pour cela rien de plus simple : prenez rendez-vous chez Hifi Link en suivant ce lien de contact. Bonnes écoutes et à bientôt chez Hifi Link !
