Test d’écoute d’un nouveau trio Cyrus

▪
Le 24 mars 2026
▪
0

Banc d’essai des Cyrus Audio 40 AMP, 40 ST, et 40 PSU

La marque britannique Cyrus Audio, sortait en 1985 son premier amplificateur intégré, le Cyrus One. Et c’était le début d’une longue série d’excellents produits hi-fi au format « boite à chaussures ». Pour les quarante ans de ce premier ampli, Cyrus sort la « 40 Series », une nouvelle gamme de produits revus totalement au gout du jour, toujours au format Shoes-Box comme il se doit, et contenant un ampli intégré (40 AMP), un streamer/DAC (40 ST), un lecteur CD (40 CD), un pré-ampli Phono (40 PPA), et une alimentation séparée (40 PSU) compatible avec tous les éléments de la série 40. On note déjà un point positif : les larges écrans sur la plupart de ces machines (exception faite du 40 PSU).

Le test d’écoute :

Banc d’essai des Cyrus Audio 40 AMP, 40 ST, et 40 PSU

Nous souhaitions dans cet article mettre à l’épreuve le duo 40 ST & 40 AMP, avec l’alimentation externe 40 PSU branchée sur l’ampli intégré. Nous avons sélectionné comme enceinte la Sonus Faber Sonetto V G2, qui nous semblait bien se marier avec ces éléments Cyrus. Celle-ci est relativement gourmande en courant si l’on souhaite obtenir un grave bien tendu, mais c’est justement l’occasion de tester le duo Cyrus sur ce point. 

Notons que nous avons testé toutes les configurations concernant l’alimentation externe 40 PSU. Nous avons testé les éléments sans cette alimentation externe, et nous l’avons aussi branché – et sur le streamer, et sur l’ampli intégré. L’idéal serait bien-sûr d’alimenter chaque machine avec cette alimentation séparée, mais ne disposant que d’une 40 PSU, nous l’avons privilégié pour alimenter l’ampli intégré. Dans les deux cas (sur le 40 AMP et le 40 ST), on constate un bruit de fond bien moins élevé des machines. Les silences sont globalement mieux mis en valeur, et la dynamique s’épanouit. Mais ce constat de fait est tout de même supérieur lorsqu’on branche la 40 PSU sur le 40 AMP. 

Zoom sur les façades arrières :

A gauche, la façade arrière du 40 ST ; à droite, celle du 40 AMP. On note la richesse des Entrées/Sorties, et la possibilité de sortir en numérique ou en analogique du 40 ST, et de rentrer également dans les deux domaines dans le 40 AMP. (Tous deux possèdent le même DAC ESS Sabre dotés de la technologie HyperStream IV Dual DAC). On remarque aussi la fiche d’entrée de la 40 PSU sur les deux machines. Côté 40 AMP, les 4 entrées analogiques permettent d’intégrer au système les trois sources de la 40 Series (Streamer/Dac, CD, et Pré-phono), et on a même le luxe de brancher une source supplémentaire (un tuner par exemple).

Les albums :

Keith Don’t Go (Live), de Nils Lofgren, sur l’album Acoustic Live :

Keith Don’t Go (Live), de Nils Lofgren,

On commence avec un live de Nils Lofgren en solo sur sa guitare électro-acoustique. Le grave de cette dernière est ample dès le début, et les attaques de notes sur sa corde de mi sont vives et percutantes. Sur toute l’introduction, le son de la guitare se définit parfaitement. A l’entrée de la voix de Lofgren à 1 min 04, on a un parfait équilibre des registres et une image sonore très précise. Vers 2 min 50, le chanteur commence à improviser sur sa guitare. A 3 min 24, il attaque les cordes aiguës – et aussi bien les fondamentales que les harmoniques de celles-ci sont précises, naturelles, et pas du tout agressives. A 4 min 38, Lofgren joue dans les nuances fortissimo, en étant proche du niveau maximum de sa guitare dans la table de mixage, augmentant la dynamique d’une part, et nous offrant des harmoniques de plus en plus amples. Puis il se remet à chanter, et à 6 min 13, il recommence à jouer très fort, et cette fois-ci on n’entend presque plus que les harmoniques du son des cordes, proches de la saturation. Mais le système continue de se comporter de façon assez neutre et naturelle. Et on note une réserve de puissance bien appréciable. 

Shofukan, de Snarky Puppy, sur l’album We Like It Here :

Shofukan, de Snarky Puppy, sur l’album We Like It Here

Un peu de jazz-fusion moderne a présent, avec, une fois n’est pas coutume, le big-band de Snarky Puppy sur l’un de leurs premiers albums live en studio. Oui nous avons bien dit « live en studio » car c’est une particularité du groupe et même s’ils n’ont pas inventé l’idée, ce sont des adeptes du genre : ils aiment enregistrer dans des grands studios en invitant du public, et en donnant à chaque spectateur un casque fermé dans lequel ils diffusent la balance en direct du mixage. Cela permet d’avoir la précision du studio et tout à la fois la magie du concert, mais le grand défi est que le mixage en direct devient le son définitif du disque ! Cela fait de ce Shofukan (qu’on vous laisse découvrir également sur Youtube car la séance d’enregistrement fut filmée) un titre très exigeant à passer sur un système, car le mixage est un peu « brut de décoffrage ». Néanmoins, notre trio Cyrus s’en est merveilleusement bien sorti : belle définition des enveloppes sonores, grande dynamique apparente du système, micro-détails, grave de la Sonetto V assez bien tendu ce qui montre une réserve de courant bien suffisante de l’ampli 40 AMP, et aigus bien définis et jamais fatigants. 

Köln, January 24, 1975, Pt. II C, de Keith Jarrett, sur l’album The Köln Concert :

Köln, January 24, 1975, Pt. II C, de Keith Jarrett

Il n’y a pas que Cyrus qui a fêté son anniversaire dernièrement ; c’est aussi le cas du Köln Concert de Keith Jarrett qui a eu cinquante ans l’an dernier. Nous souhaitions également écouter un piano solo pour juger du DAC qu’embarque ces machines (car le piano est l’épreuve du feu des DAC – timbres, micro-dynamiques, qualités des silences… Tous les critères sont mis à l’épreuve). Pour rappel, le même DAC étant intégré aussi bien au 40 ST qu’au 40 AMP, voilà un cas (rare) où il nous était plus judicieux d’attaquer le 40 AMP en numérique plutôt qu’en analogique : en effet avec la liaison SPDIF, nous nous servions du 40 ST comme seul transport, et préférions utiliser le DAC du 40 AMP qui lui, bénéficiait des atouts de l’alimentation externe 40 PSU. Le résultat : nous décelons un gros travail de Cyrus sur la qualité de l’intégration de ce DAC – alimenté par l’alimentation externe, il montre un niveau de bruit extrêmement bas, et une signature sonore très peu voilée, et assez proche du tout analogique. Nous reconnaissons bien le Bösendorfer du Köln Concert, dont le timbre un brin métallique est devenu cultissime – rappelons que Keith Jarrett n’aimait pas ce piano et était très déçu d’être obligé de jouer dessus – malgré cela c’est devenu le disque de piano le plus vendu dans le monde, toutes catégories confondues… Preuve qu’il est parvenu à faire chanter cet instrument très exigeant et en tirer le meilleur.

Conclusion :

Cyrus a frappé fort avec cette gamme 40 Series : ici, pour un peu plus de 10000 €, l’on peut accéder à un duo d’électroniques de haut vol, en éléments séparés avec une alimentation externe dédiée. Le tout en petits formats, dotés d’écrans plus grands que la plupart des machines concurrentes, et dans une ligne épurée et un design au gout du jour. Et ça sonne ! La réserve de courant est appréciable et suffisante, permettant d’alimenter des enceintes avec des rendements relativement bas (le mariage avec la Sonnetto V G2 de Sonus Faber n’est qu’un exemple parmi d’autres mais fonctionne bien !). Nous suggérons également d’associer ces électroniques avec des enceintes des marques Franco Serblin ou Acoustic Energy, convaincus que la sonorité de ces Cyrus pourra satisfaire ce genre d’enceintes.

Notons que le 40 ST et son alimentation externe 40 PSU constituent tous deux un excellent duo de streamer/DAC, très silencieux, et très résolutif pour un peu plus de 6000 € !

L’intégration du DAC est tout à fait sérieuse, et l’alimentation externe 40 PSU est remarquable ! Elle permet d’équiper toutes les machines de la Série 40. A propos, il est possible qu’on vous parle bientôt du pré-phono 40 PPA qui nous fait de l’oeil ! 

N’hésitez pas à venir découvrir ces machines au Showroom en prenant rendez-vous ; pour cela rien de plus facile, contactez-nous via ce lien. Vous êtes les bienvenus chez Hifi Link pour vos futures séances d’écoute de matériel !

Portrait de Paul-Antoine, testeur chez Hifi Link
Testeur HIFILINK
Ingénieur du son & technico-commercial
Haut-parleurs • Acoustique des salles • Écoute analytique

Ingénieur du son diplômé de l’Institut des Arts de Diffusion en Belgique, Paul-Antoine a travaillé dans l’enregistrement et la production musicale avant de rejoindre HIFILINK en 2025. Son expérience de la prise de son, du mixage et du mastering nourrit aujourd’hui son approche analytique de l’écoute des systèmes Hi-Fi.

10 ans d’expérience dans le son et la musique
Ingénieur du son diplômé

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.