Thaïs et Stella : le banc d’essai
Deux grandes réussites signées Kroma Atelier
Dans l’univers de la haute fidélité, certaines enceintes haut de gamme ne se contentent pas de reproduire la musique : elles cherchent à en révéler l’âme. Entre exigence acoustique, raffinement des matériaux et parti pris esthétique affirmé, les créations artisanales séduisent un public toujours plus large, curieux de concilier performance et émotion. Nous avons ainsi mis à l’épreuve deux modèles de la marque espagnole Kroma Atelier : les Kroma Thaïs et Kroma Stella. Deux approches, deux formats, deux visions d’un même idéal sonore.
Au fil de ce banc d’essai, il sera question de personnalité, de cohérence, de scène sonore et de musicalité, mais aussi d’intégration dans un intérieur et d’adéquation avec différents profils d’auditeurs. L’objectif n’est pas d’opposer systématiquement, mais de comprendre ce qui distingue et rapproche ces deux propositions. Que l’on recherche une enceinte compacte et élégante ou une architecture plus ambitieuse capable de remplir de grands espaces, chacune promet une expérience singulière. Reste à savoir laquelle correspondra le mieux à vos attentes, à votre pièce d’écoute et à votre sensibilité musicale.
Avant-Propos :
Nous connaissons bien ces enceintes et donc il est difficile de faire un test parfaitement objectif, aussi nous avons déjà des choses à introduire, avant le test d’écoute : la Thaïs et la Stella sont bien différentes par leur taille et leur conception (deux haut-parleurs de médium pour la Stella et un seul pour la Thaïs…), mais elles partagent néanmoins de nombreux points communs qui font de ces deux paires d’enceintes des « cousines » sur le plan de l’image sonore et de la définition du son. Elles sont toutes deux monoblocs, conçues avec des parois en Krion (résine minérale d’une dureté élevée, isolante électriquement, amagnétique, et d’une très haute isolation acoustique) ; aussi elles possèdent toutes deux un tweeter AMT (Air Motion Transformer) et sont dotées de filtres contenant la même qualité de composants (Mundorf). L’écoute des enceintes Kroma est une expérience à part entière. La paroi en Krion permet un comportement extrêmement sain du coffret, qui semble ne jamais vibrer. Cela procure au son une propagation nette, sans bavures ni artefacts, et une image stable et précise. La gestion du grave fait aussi partie de la signature des enceintes Kroma. Nous n’en disons pas plus à ce stade… Dernière chose qu’il nous faut préciser : nous avons dernièrement installé des enceintes Kroma dans tous types d’intérieurs, et nous avons pu constater que leur grande variété possible de finitions et leurs lignes épurées permettent de nombreuses possibilités d’intégration, dans des esthétiques de pièces vraiment très diverses.

Le test d’écoute :
Nous avons déployé pour ce test comparatif, outre la Stella et la Thaïs :
- Le Streamer Métronome comme transport
- Le AADAC d’Audio Analogue comme convertisseur
- Le Bellini Anniversary d’Audio Analogue comme pré-amplificateur
- Le AA100DM d’Audio Analogue comme ampli de puissance
- Câblage (numérique, modulation, HP) Esprit Eterna
Les albums :
Requiem in D Minor, K .626: III. Sequentia: 6. Lacrimosa – Amen, appendix, de l’Ensemble Pygmalion, sur l’album Mozart: Requiem :

On commence l’écoute de cet extrait du Requiem de Mozart avec la Thaïs : on est tout de suite surpris par la définition de l’image sonore. L’ensemble sonne très précis et la spatialisation est très réussie. A 00 min 15 à l’entrée des voix, on apprécie vraiment la définition des timbres, très texturée. On assiste tout de suite à un grand crescendo du tutti à 00 min 40 qui se conclue par un coup de timbale : on comprend vite les qualités de solidité du coffret – qui assure la tension de cette dynamique avec brio, sans sembler forcer dans le forte. Même effet de crescendo encore plus « serré » à 2 min 18 : les timbales s’épanouissent, et le choeur sonne plein et remplit toute la scène sonore. A 3 min 09, c’est « l’Amen final », débouchant sur un roulement de timbales tonitruant : quelle définition de l’ensemble ! Le Streamer passe le début de la piste suivante (Offertorium: 1 . Domine Jesu Christe). Morceau moins célèbre du Requiem mais emprunt d’une dynamique et d’une énergie encore plus grandes. Et là la définition spatiale du choeur devient vraiment bluffante : on assiste à un jeu de passage de témoins entre tous les pupitres ; et on peut sans problèmes spatialiser à l’oreille les différentes voix du choeur.
Nous passons à l’écoute de la Stella sur les mêmes deux titres (et on prend garde à chaque changement d’enceintes de garder la même ouverture (envergure entre les deux enceintes) pour conserver une même largeur de scène. Certes la scène sonne plus ample, et l’aigu sur les voix gagne encore en naturel (notons que le tweeter de la Stella est un peu plus grand). Le crescendo de 2 min 18 déploie une énergie encore plus concentrée. Mais on reconnait les mêmes grandes qualités : une image de scène bien projetée et très bien définie, et une belle capacité à restituer les dynamiques… On sent aussi que le grave se comporte différemment (plus d’ampleur) mais ce n’est pas le meilleur titre pour en juger.
Danse macabre, Op.40, du Minnesota Orchestra, sur l’album Mephisto & Co. :

On avance d’une centaine d’années pour écouter Camille Saint-Saëns, car cette Danse Macabre est un chef d’oeuvre d’orchestration et de spatialisation symphonique. Et cette version du Minnesota Orchestra lui donne tous ses titres de noblesse. D’abord avec la Thaïs : encore une fois on assiste à une scène sonore parfaitement dessinée et quasi ciselée, avec un équilibre des registres très bien maitrisé et une grande stabilité dans les parties forte. La Thaïs nous étonne d’ailleurs car elle sonne plus « grand » que ce qu’elle n’est. Elle parvient à diffuser une image tellement définie qu’elle semble pouvoir « arroser » une pièce relativement grande (sa belle tenue mécanique à haut niveau aidant). Mais c’est en basculant sur la Stella qu’on se rend compte de la gestion très différente du grave. C’est d’ailleurs étonnant car les drivers de medium et de grave sont les mêmes sur les deux enceintes, mais c’est là la preuve que le volume de rayonnement interne de chaque voie compte beaucoup. En effet le coffret nettement plus imposant et la masse bien supérieure de la Stella permettent un grave vraiment très lisible et d’une certaine ampleur. Les contrebasses (dès l’entrée en pizzicati à 00 min 17) s’avèrent nettement mieux définies et prennent réellement vie, quand ces mêmes pizz sur la Thaïs paraissaient plus petits. On sent que la Stella s’adresse aux mélomanes qui aiment le grave, un grave imposant mais bien défini et très lisible.
No Woman No Cry, de Monty Alexander, sur l’album Harlem-Kingston Express :

On passe sur un live à New York de Monty Alexander, pourvu de belles qualités de captation. C’est vraiment agréable d’écouter ne serait-ce que la Thaïs couplée à ces électroniques Audio Analogue (très définies !) et de se laisser emporter par le son envoutant de ces Kroma – l’image est tellement précise qu’en fermant les yeux, on se croirait sans problèmes dans les premiers rangs du public. Ce côté très résolutif de la scène sonore est sans doute la plus grande qualité de ces Kroma, et c’est de cette image très définie que découle toutes les autres qualités : en effet quand le côté immersif est réussi, ce n’est pas difficile d’approuver les signatures sonores du matériel. Le tweeter AMT aide lui aussi à cette grande sensation d’immersion – on reconnait les capacités de ces AMT à délivrer un aigu très naturel et jamais agressif. On pousse un peu le niveau du pré-ampli et on s’étonne vraiment de la capacité de la Thaïs à gérer les niveaux forts : les enceintes semblent d’une solidité à toute épreuve ! Cela en fait des enceintes très intéressantes pour les clients désireux de « pousser le potard » lors de certaines occasions (soirées, fêtes…). Aucun souci à se faire sur la tenue du matériel : tant que les électroniques sont suffisamment généreuses (et c’est le cas ici), les Thaïs (et les Stella a fortiori) sont imperturbables et leur comportement est constant tout le long du range de puissance. On passe sur la Stella : et on a l’impression de gagner sur les deux extrêmes du spectre en fréquences ; les aigus (harmoniques et attaques du piano) gagnent en naturel et en timbre, quand les graves semblent plus soutenus, plus enveloppants. Cette grande lisibilité de l’ensemble du spectre confère à la Stella une grande cohérence, et une signature incontestablement haut de gamme. Là encore on s’intéresse à la tenue de l’enceinte à haut niveau d’écoute : et ici c’est vraiment frappant – bien pilotée, la Stella semble n’avoir aucune limite, restituant l’énergie sans la moindre perte et sans montrer aucune fatigue (ni du système, ni de nos oreilles). L’image sonore reste la même quelque soit le niveau du pré-ampli, ce qui nous indique aussi que ces enceintes (Thaïs et a fortiori Stella) sont capables de rayonner dans des grandes pièces si besoin.
Can’t Stand Losing You (Can’t Stand Losing Dub), de DubXanne, sur l’album The Police in Dub :

Nous avons découvert cet album il y a peu et cela nous semble un bon dernier choix pour juger de ces enceintes Thaïs et Stella. Car ce morceau a une grande dynamique mais demande un système capable d’une bonne réponse en transitoires (vitesse du système) pour déployer pleinement cette dynamique… Et dès les premières secondes, jusqu’à l’entrée de la batterie, on a vraiment cette belle sensation de vitesse – déjà sur la Thaïs. La caisse claire « claque » vraiment et les attaques de cuivres sont d’une précision diabolique. Encore un bel exemple de morceau qui fait sonner la Thaïs « plus grand » que ce qu’elle n’est ! Même en sortant de l’auditorium, on conserve encore une grande précision dans les transitoires (percus, et accords de synthés). Impressionnant ! On branche à nouveau la Stella pour ré-écouter le morceau et là, on assiste vraiment à une démonstration de musique dub ! Les basses sont massives (mais pas envahissantes) et continuent d’être parfaitement lisibles ! On croirait à l’intégration d’un caisson de grave, si ce n’est que l’équilibre des registres est beaucoup plus convaincant que n’aurait donné un véritable système 2.1. Vraiment la Stella plaira à tous ceux qui aiment la définition et la rapidité des basses fréquences !
En conclusion :
Les deux cousines Thaïs et Stella passent l’épreuve du feu avec brio – quels que soient les styles, elles sont capables de beaucoup de finesse et de définition. Cela passe avant tout par l’image sonore qui est droite et parfaitement restituée, à tout niveau d’écoute. Souvent on sent les limites des enceintes colonnes quand on pousse le gain du pré-ampli – et les coffrets se mettent alors à « chanter », c’est à dire à révéler des interférences dues aux modes propres internes des haut-parleurs. Ici ce comportement naturel semble tout simplement ne pas exister, grâce aux propriétés étonnantes des parois en Krion. Ces deux paires d’enceintes haut de gamme forment le compromis parfait entre solidité et musicalité, et s’adressent de ce fait à un public très exigeant. La différence flagrante entre les deux paires est sans aucun doute la place que prend le grave dans l’écoute. En effet la Thaïs déploie un grave déjà étonnant pour sa taille, mais la Stella quant à elle, est dotée d’un grave assumé, bien ample et puissant, presque « à l’américaine ». N’hésitez pas à venir découvrir les enceintes Kroma au showroom, lors de vos prochaines séances d’écoute ! Nous nous ferons un plaisir de vous les déployer et de vous aiguiller au mieux sur les mariages à envisager avec ce type d’enceintes (sources et électroniques). Pour cela rien de plus simple, contactez-nous via ce lien !
A bientôt chez Hifi Link !
