Catégorie autre

Dynamic Range

Vous vous êtes déjà surement demandé pourquoi la qualité audio d’une œuvre pouvait changer entre deux éditions différentes et entre deux supports différents.

Le Dynamique Range (DR):

Le CD a un dynamic range maximum de 96 dB.
Les pistes magnétiques peuvent atteindre 60 dB. (Au maximum 72 DB avec le travail des têtes d’enregistrement Nakamichi et Tandberg) combiné au Dolby C (réduction de bruit).
Les Vinyles peuvent atteindre 70 dB

De par le format du CD audio, celui-ci est capable de supporter un range dynamique de 96 dB. Le plus haut niveau de Loudness (tous les bits à 1) à été désigné par la mesure 0 dBFS (Decibel Full Scale), les autres niveaux (forcément moins forts) étant représentés en dBFS négatifs. Dans les années 80, les chansons sur CD atteignaient un niveau moyen de -19 dBFS avec des pics allant jusqu’à -6 dBFS et tout allait bien. Mais depuis les années 60 et donc le vinyle, on sait que les chansons plus loud attirent plus l’oreille (mais la limite de loudness du vinyle réside dans la largeur des sillons et donc de l’espace total sur le disque). C’est pourquoi à la fin des années 80, les chansons étaient amplifiées au point que les pics atteignaient la limite maximum, 0 dBFS. Ensuite, c’est le niveau moyen des chansons qui a commencé à augmenter, et cela grâce aux pouvoirs des compresseurs numériques. La surcompression déboule avec fracas! Les années 90 ont vu l’amplitude moyenne passer de -15 dBFS à -12 dBFS avec des cas extrêmes de -6 dBFS. Et dans les années 2000, on passe régulièrement sous les -9 dBFS.
En 20 ans, on a multiplié la loudness d’un facteur 10!

Vous pouvez analyser vos œuvres avec des logiciels qui offrent une section Dynamic Range, mais il existe aussi une base de données du Dynamic Range par œuvre: http://dr.loudness-war.info/
Sur ce même lien vous trouverez, en haut à droite, des liens pour télécharger TT Dynamic Range Meter (pour Mac Os et Windows).

Plus la valeur est basse plus le DR est mauvais, mais attention vous pouvez trouver des DR bon alors que l’enregistrement n’est pas bon:
Ci-dessous, en vert la musique, vous voyez qu’entre le signal le plus faible et le plus haut on a de gros écarts donc un bon DR, mais que globalement les signaux sont très élevés.

dynamic range mauvais

Idem avec la piste « Skyfall » de Adèle: (extrait de Audacity Mac Os)

skyfall adele clip

le DR Meter (sous Mac OS) donne un DR de 6 et on voit que l’on est à l’écrêtage:

adele tt meter

Voilà donc un des principaux soucis de la compression : la perte des attaques, ce qui est appelé la dynamique. On se retrouve avec des enregistrements puissants mais assez « plats » à l’écoute, plus de différence entre les passages forts et les faibles.
Le problème est qu’à vouloir toujours envoyer plus fort que les autres, on est confronté à de la distorsion en quasi permanence (clipping), tout est dans le rouge, ça écrête et le message musical n’est pas respecté.

Voila une explication du clipping:

Regardez ce clip jusqu’à la fin.

Comparatifs entre éditions:

Un article sur différentes éditions des œuvres des Beatles et de Dire Straits:

http://www.mk-guitar.com/2008/10/07/loudness-war-louder-is-better-why-cds-are-reduced-in-dynamics/

 

Le pire …. Le MP3 (ou toute forme de musique comprimée):

Pire que le dynamique Range, vous trouverez des explications sur les problèmes d’audition engendrés par le MP3 et sa compression.
Du temps où l’espace de stockage était onéreux, on pouvait trouver une raison technique au MP3, mais de nos jours le Teraoctet est très abordable.

La compression dynamique consiste à relever les niveaux faibles et à abaisser les niveaux forts, bref à gommer les contrastes qui donnent tout son relief à la musique.
Plus aucune nuance, donc plus de magie, celle que vous pouvez ressentir lors d’un concert.
En résumé, le jeune public a toujours tendance à monter le volume pour entendre du détail dans cette musique, c’est ainsi que ces personnes atteignent des niveaux de l’ordre de 130 Db !
Bernard Janssen, chirurgien ORL et chanteur lyrique de haut niveau est sans doute l’un des mieux placés pour analyser le phénomène : « Les gens qui écoutent de la musique dans le métro sont obligés de pousser le volume pour couvrir le bruit ambiant. C’est terrible, car ils peuvent s’envoyer jusqu’à 140 décibels dans les oreilles, alors que le seuil de douleur se situe à 120. Jusqu’à 70, ça va encore. Certains chanteurs lyriques peuvent développer 130 décibels sans souci pour leur oreille, parce qu’ils projettent le son et qu’il y a des défenses physiologiques. Mais il suffit d’une seule exposition à ce volume pour subir un traumatisme qui débouchera sur une surdité. C’est le traumatisme aigu. Il existe un traumatisme chronique, repérable chez les ouvriers de chantiers mais aussi chez les gens qui écoutent trop fort leurs baladeurs. C’est beaucoup plus insidieux car plus on perd l’audition, plus on monte le volume. »
Vous retrouverez l’intégralité de l’article « Le MP3 mutile le son et les oreilles » ici

Les quarantenaires avec leur baladeurs dit « Walkman » à l’époque ne sont pas touchés, car les baladeurs des années 70/80 utilisaient des musicassettes (bandes magnétiques) ou CD : le son n’était absolument pas comprimé !

En résumé, oubliez le MP3. Le traumatisme est trop important, revenez sur de la musique non comprimée !

 

Back to list

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.