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Zoom sur le nouveau bloc de puissance du constructeur américain
Au rayon des nouveautés de ce printemps, nous ne pouvions pas ne pas vous présenter le Modwright KWA 300. Nous l’attendions depuis longtemps, et il est arrivé la semaine dernière dans nos locaux. Il est l’évolution du KWA 150 SE, doublant ni plus ni moins la réserve de puissance exploitable. Cela indique tout de suite qu’il est capable de piloter les enceintes parmi les plus exigeantes du marché. C’est un pur bloc stéréo, délivrant 300W sous 8 ohms (et 550W sous 4 ohms). Rappelons que Modwright s’est érigé depuis de nombreuses années en spécialiste du mariage hybride. Il nous est donc tout naturel de tester ce bloc transistorisé non seulement avec un pré-ampli à tubes, mais qui plus est le Modwright LS 300, taillé tout juste pour attaquer un tel bloc.
Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons un premier test d’écoute sur une machine qui n’est pas encore rodée. Nous vous confirmerons ou infirmerons nos impressions une fois que le bloc aura quelques centaines d’heures. Mais nous étions impatients de découvrir ce que le nouveau bloc de Modwright avait dans le ventre !

Le test d’écoute :
Nous avons donc souhaité marier le bloc KWA 300 avec le pré-ampli LS 300 du même constructeur, et ce couple alimentera la Wilson Audio Alexia V, enceinte choisie pour sa grande exigence vis à vis des électroniques ; aussi c’est une enceinte très gourmande en courant, parfaite donc pour mettre le bloc à l’épreuve. Côté source, nous avons souhaité, pour changer, n’utiliser que des sources analogiques en mettant le 33 tours et la bande magnétique en avant, et nous vous proposons pour ce banc d’essai, deux écoutes de vinyles et une écoute de bande. Pour cela nous utiliserons la platine à bras tangentiel Bergmann Galder, avec une cellule Dynavector DV DRT XV-1S. Pour préamplifier le signal du vinyle nous choisissons tout naturellement le PH 150 de chez Modwright.
Nous avons donc un bloc d’alimentation externe aussi bien pour notre pré-phono que pour notre pré-ampli, ce qui promet déjà un niveau de bruit extrêmement bas.
Côté magnéto à bandes, nous utilisons un TEAC X-2000M (une machine collector que nous avons au magasin, dont les têtes de lecture ont été changées pour du très haut de gamme).

Les écoutes :
-Bande magnétique : Piano Sonata No.3 en Si Mineur, Op.58, par Martha Argerich :

C’est une édition magnifique que nous avons là à disposition : une bande master de la maison allemande Horch House, d’un enregistrement de la toute jeune Martha Argerich en solo, en 1965 au Studio No. 1 d’Abbey Road à Londres. Nous sortons un lecteur à bandes à la hauteur d’un tel enregistrement, et chargeons la bande précautionneusement. Puis nous la rembobinons… Et poussons le bouton de lecture. Le niveau de réalisme et d’immersion du premier mouvement de la Sonate No. 3 est tout de suite saisissant. On ferme les yeux et rien ne semble s’opposer à la plénitude quasi magique du son de la bande… On est au concert, ni plus ni moins.
Le bloc, relié au LS 300, assure la grande tenue du piano dans tous ses registres. Le timbre est subtilement restitué, avec un juste équilibre harmonique. La dynamique du système est aussi au rendez-vous. On ressent avec une grande précision chaque intention de phrasé et de nuance. On se sent au plus proche du piano et c’est un pur régal.
Par curiosité on pousse un peu le niveau du pré-ampli, et on se surprend à n’avoir jamais une fréquence agressive, ce qui est souvent difficile avec les enregistrements de piano en solo. Cela signe, de la part du bloc, une grande précision, tout en gardant un côté extrêmement musical et étonnamment (au regard de la puissance disponible), une grande douceur.
-Vinyle : You Look Good To Me, par Oscar Peterson Trio, sur l’album We Get Requests :

Sur l’introduction, on apprécie déjà la qualité du grain de l’archet sur la contrebasse. Chaque élément est parfaitement lisible : le piano au centre, le triangle à gauche, et la contrebasse à droite. Au bout d’une minute, à l’entrée des balais sur la caisse claire, on ressent toutes les qualités que l’on attend d’une telle écoute vinyle : niveau de détail inégalé, image de scène très convaincante, très belle dynamique, et pour couronner le tout, le bloc délivre toute l’énergie nécessaire à l’Alexia sur la contrebasse, avec une grande vitesse et sans jamais forcer.
Le bloc stéréo semble vraiment magnifier les micros-détails de la contrebasse (on entend très lisiblement l’impact des doigts sur les cordes !), ce qui signe un grand niveau de musicalité, en plus de l’impression de « facilité » à alimenter une enceinte aussi exigeante. Plus tard lorsque le batteur quitte les balais pour passer sur ses baguettes, la dynamique continue de se déployer. Et l’Alexia se montre vive, précise et enveloppante, comme on la connait lorsqu’elle est bien pilotée électroniquement.
C’est vraiment une écoute très convaincante, à relativement bas niveau sur le pré-ampli (à peine un tiers du débattement). D’ailleurs la réserve de courant semble complètement inépuisable, quand on voit le niveau de gain sur le pré-ampli. En effet, connaissant le rendement de l’Alexia, on sait qu’on n’utilise que quelques watts (10 tout au plus !) pour cette écoute plutôt tranquille. Mais c’est ce qui fait la différence entre les différentes qualités de blocs de puissance. Plus on monte en gamme, plus la réserve potentielle de courant se fait sentir positivement à bas niveau d’écoute. Avec ce bloc, on sent tout le potentiel immédiatement. On conserve un niveau de musicalité et d’exigence très élevé quelque soit le niveau choisi.
-Vinyle : Sir Duke, par Stevie Wonder, sur l’album Original Musiquarium I :

Sur l’introduction du thème mythique, on est frappés par la définition et la rapidité du kick de la grosse caisse. Puis s’enchainent toutes les parties du thème, couplets et refrains chantés par Stevie Wonder, backgrounds de cuivres. Tout est parfaitement restitué, avec un niveau de détails étonnant. La ligne de basse est vraiment mise en valeur, lisible et vive à souhait. Le couplage entre le LS 300 et le KWA 300 semble vraiment parfaitement fonctionner. On a la chaleur et la profondeur de timbres assuré par le pré-ampli à tubes, et un bloc capable d’autant de vitesse que de musicalité, tout en assurant une marge vraiment impressionnante.
On prend plaisir à écouter cette version de Sir Duke, qui semble plus vive et dynamique sur ce pressage vinyle que sur la version numérique, et le couple de machines Modwright se montre vraiment au service de cette dynamique. Les titres s’enchainent, mais on reste assis pour plus de plaisir d’écoute… On attendra le rodage pour vous le confirmer mais le mariage LS 300 + KWA 300 semble vraiment se hisser en première place des toutes meilleures références de chez Modwright. Et au vu de la façon dont le bloc KWA 300 emmène la Wilson Audio Alexia V, on ne se fait aucun souci sur la capacité du bloc à entrainer les charges les plus exigeantes et les plus gourmandes.
En conclusion :
Ces sources analogiques nous ont donné un très bon premier aperçu de ce dont le KWA300 est capable, même neuf et à peine déballé. Nous avons il y a peu analysé le couplage des LS 99 et KWA 99 de chez Modwright dans un banc d’essai, ces machines pilotant la Sasha V de Wilson Audio. Nous avions trouvé que le duo était impressionnant de texture, de timbres, de dynamique et de musicalité.
Et bien c’est simple : avec ce duo LS 300 + KWA 300, on pousse tous les curseurs encore plus loin, tout en étant capable de piloter les enceintes parmi les plus exigeantes du marché (l’Alexia V écoutée dans ce banc d’essai étant bien plus gourmande et exigeante que sa petite soeur la Sasha V, il est impressionnant d’arriver à ce niveau d’exigence sur une telle enceinte, avec un bloc stéréo).
N’hésitez pas à venir découvrir ce nouveau bloc de puissance au showroom ; pour cela rien de plus simple : prenez RDV via ce lien. A très bientôt chez Hifilink !

Ingénieur du son diplômé de l’Institut des Arts de Diffusion en Belgique, Paul-Antoine a travaillé dans l’enregistrement et la production musicale avant de rejoindre HIFILINK en 2025. Son expérience de la prise de son, du mixage et du mastering nourrit aujourd’hui son approche analytique de l’écoute des systèmes Hi-Fi.
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Une pensée sur « Banc d’essai du Modwright KWA 300 »
Grâce à un conseil particulièrement patient et très avisé de Patrice Muller, j’ai fait l’acquisition d’un intégré Modwright KWH 225i. Et toujours grâce à Hi-Fi Link, j’ai pu rencontrer Dan Wright en personne, venu tout droit des USA, lors d’un salon organisé par l’auditorium Hi Fi Link de Meximieux. Quand on apprend à apprécier le produit et qu’on en découvre le potentiel intarissable, quand on rencontre son concepteur et qu’on découvre sa passion, son sérieux et non accessoirement son honnêteté, on comprend que Modwright est une marque dont il faut surveiller de très près chaque sortie. Alors il n’est pas surprenant que ce KWA 300 et ses produits associés, reflètent toutes les qualités évoquées dans cet article. Par ailleurs, s’il y a bien un endroit adapté pour une bonne mise en oeuvre de ce matériel, c’est chez Hi Fi Link. Modwright, on peut en parler pendant des heures mais à l’écoute, il ne faut pas longtemps pour comprendre qu’on est en face de l’exceptionnel, notamment en terme de rapport qualité prix. Un Modwright, cela s’écoute bien entendu, cela se ressent surtout…et on devient addict, de la transparence, de la subtilité, d’une authenticité pas du tout sur-jouée, d’une puissance phénoménale mais totalement maîtrisée. Et pour peu que l’intransigeant Richard Cesari (Esprit) en dise du bien aussi, ce qui est le cas, alors là….c’est le graal.